17 juin 2007

Le vote «blanc» ne progresse pas

14/06/2007 21:27 Le vote «blanc» ne progresse pas

Six candidats du Parti blanc se sont présentés pour que le vote blanc soit mieux reconnu

Ils ont été six dimanche dernier 10 juin à se présenter dans toute la France, pour défendre une couleur : le blanc. Inutile de chercher à les positionner sur un curseur gauche-droite, le « Parti blanc » a pour seul programme une meilleure reconnaissance du vote blanc. Dans la configuration actuelle, celui-ci n’apparaît, sans distinction avec les bulletins nuls, que dans la différence entre votants et suffrages exprimés. Dès lors, cette possibilité de marquer sa protestation ou son indécision, sans céder à l’abstention, n’a pas d’impact. Pour y remédier, et attendant que la loi change, le Parti blanc, créé en 2 000, a choisi de présenter, dimanche dernier, des candidats qui serviraient uniquement à comptabiliser les « électeurs blancs », pour pouvoir les faire apparaître dans les tableaux de résultats.

Après une liste aux élections municipales de Caen en 2001, 38 candidats aux législatives de 2002, l’association a été contrainte, financièrement, de n’en présenter que six cette année, à Marseille, Caen, Paris, Toulouse, Bordeaux et Strasbourg. Ils ont totalisé 1 593 voix, avec des scores allant de 0,21 % à 1,04 % selon les circonscriptions, soit approximativement les mêmes qu’en 2002. Mehdi Guiraud, président du Parti blanc et candidat dans la 16e circonscription de Paris, ne se dit pas déçu. « On ne fait pas campagne pour voter blanc, notre objectif est juste de donner la possibilité aux électeurs de le faire », affirme-t-il.

« Le score n’est pas important pour nous », affirme même Géraldine Grün, la candidate dans la 2e circonscription du Bas-Rhin (lire aussi La Croix du 13 février dernier). « Ma déception, ce n’est pas mes 0,74 % mais les 40 % d’abstention », martèle-t-elle, allant jusqu’à dire que « dans une démocratie idéale, il n’y a pas de vote blanc, car tous les électeurs trouvent un candidat qui emporte leur adhésion ». D’ailleurs, en cas de victoire, les candidats du Parti blanc s’étaient engagés à démissionner. « Je sais que notre démarche est subtile, et souvent les gens ne comprennent pas que nous ne sommes pas un vrai parti », reconnaît Géraldine Grün.

Marquer sa différence

L’association fait pourtant tout pour marquer sa différence. Sur leurs affiches, les visages des candidats du Parti blanc n’apparaissaient pas. À la place, cette inscription : « Votez », et cette mention « bulletin blanc mais reconnu ». La démarche est simple, mais les faibles moyens pour mener une vraie campagne d’information n’ont pas permis de l’expliquer. D’ailleurs, dans les circonscriptions où se présentait un candidat blanc, les traditionnels votes blancs et nuls subsistent, et les dépassent souvent.

« Les électeurs n’ont peut-être pas confiance, se disent que c’est une arnaque », estime Mehdi Guiraud, et surtout ils sont peu informés : « On n’a pas eu droit aux grands médias », regrette-t-il. Pour l’heure, l’association a décidé de contacter tous les députés dès leur élection, afin de les inciter à proposer une loi pour la reconnaissance du vote blanc.
Élise DESCAMPS

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